Plantes à traire

La traite des plantes par l’entreprise PAT

Traire des plantes au niveau de leur racine pour en récolter les anticorps, telle est l’activité de la startup PAT ou Plant Advanced Technologies basée à Nancy. Loin d’être insolite, l’idée est même révolutionnaire. En effet, les chercheurs agronomes au sein de l’Institut de recherche ont eu la brillante idée d’extraire des molécules naturelles bio actives utilisées en milieu pharmaceutique et cosmétique. Concrètement, comment font ces chercheurs pour « traire les plantes » et dans quel but ?

En quoi consiste la traite des plantes ?

À Nancy, les chercheurs agronomes cultivent des plantes à traire sur une surface de 8000 m². Sur cette surface sont installées des tables à trou sur lesquelles les végétaux poussent à serre. Si autrefois, on s’est habitué à cultiver les plantes sous-sol, cette fois-ci, elles poussent hors-sol en se nourrissant de vapeur. Leurs racines pendues à l’air libre servent à la fois à les nourrir et à récolter leurs molécules précieuses. Pour se faire, les racines absorbent des substances nutritives diffusées par exhalation.

Pour l’extraction des molécules utiles, les chercheurs simulent une agression de parasite ou d’autres attaques extérieures sur les végétaux. Selon Jean-Paul Fèvre, les plantes se sentant menacées activent la « synthèse des molécules » et produisent des anticorps en grande quantité.

Par la suite, les racines sont plongées dans un bac contenant des solvants et de l’eau pour les perméabiliser. Dans ce cas, au lieu de se répartir sur les troncs et les feuilles, ces molécules de défense naturelle sont directement récupérées dans le bac.

Enfin, les spécialistes procèdent à la purification du liquide contenu dans le bac pour extraire les molécules précieuses. Cette méthode se répète au moins trois fois dans une année, c’est pourquoi on parle de traite de plante. De plus, cette culture à échelle industrielle effectuée par l’entreprise PAT est prometteuse pour l’univers de la biotechnologie.

Traire les molécules naturelles des plantes : dans quel but ?

Les particules précieuses sont exploitées par la startup Lorraine (PAT) pour produire des médicaments et des produits cosmétiques ou encore des pesticides.

Plantes

Molécules naturelles utiles en milieu pharmaceutique

Les recherches avec ces substances en milieu pharmaceutique sont en cours de validation. Les espèces à traire sont variées et certaines d’entre elles ont des propriétés intéressantes. Après étude effectuée sur deux plantes, il s’avère que celles-ci produisent des substances naturelles anti-inflammatoires. D’un autre côté, quelques spécimens disposant de propriété anticancéreuse sont également en cours d’exploitation par une entreprise pharmaceutique française. D’ailleurs, les résultats de ces essais cliniques sont prévus pour bientôt.

Molécules naturelles utilisées en milieu cosmétique

On peut dire que l’industrie cosmétique a devancé la pharmacopée dans ce domaine. Actuellement, des produits cosmétiques à base de molécules naturelles seront mis en avant auprès des consommateurs. Les grandes marques en font même leurs arguments de vente. Tel est le cas de Chanel qui investit auprès de BASF (leader mondial de la chimie) pour avancer les recherches sur la propriété anti-âge de certaines espèces cultivées par PAT.

La coopération entre BASF et PAT révolutionne la biochimie

Le partenariat entre les deux startups, notamment BASF et PAT est prometteur pour le cosmétique et l’agriculture. D’ailleurs, cette union est vivement encouragée par Mr Philippe Richert (ancien ministre et actuel Président de la région Grand-Est), lors de sa visite de la BioEngineering Valley.

Entre autres, PAT recours à l’expertise de BASF pour approfondir sa recherche sur les particules rares extraites des plantes. Les biomolécules produites seront également utilisées à la production de bio pesticide révolutionnant l’industrie agronome.

À part ces avantages dans le domaine cosmétique et agronomique, l’activité de la startup PAT contribue à la préservation de l’écosystème. Comment ? Parce qu’auparavant, l’extraction des molécules à base de plante se faisait en coupant et en détruisant le végétal. Actuellement, cette méthode est remplacée par la traite des plantes, qui permet à la fois de préserver les végétaux et d’augmenter le taux de molécules récupérées.

Images : agriculture-nt.com ; lesechos.fr

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